Ecourt Histoire et Geographie

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ECOURT ST QUENTIN   Histoire et géographie par Thierry WIART

Le cadre géographique:
	
 Ecourt Saint Quentin est situé au cœur d’un triangle formé par Arras, Douai et Cambrai, dans le Pas de Calais, juste à la limite du département du Nord.

Cette limite qui a été fluctuante formait jadis la frontière entre l’Artois d’un côté et le Cambrésis, le Hainaut et la Flandre de l’autre. Ceci explique en partie pourquoi Ecourt a alternativement dépendu au cours de son histoire de Cambrai, de Douai, puis d’Arras. 

Ecourt Saint Quentin s’étire dans la vallée de la Sensée, vallée humide d’une quarantaine de kilomètres de long de Croisilles à Bouchain. 

Renommée pour ses plans d’eau, la vallée de la Sensée assure une transition entre l’ancien bassin minier au nord, les premiers moutonnements des collines de l’Artois à l’ouest et au sud, et la vaste plaine du Cambrésis à l’est.

Le Paléolithique:
	
 De nombreuses découvertes archéologiques attestent que le territoire de la commune est habité depuis plus de 800 000 ans : petit outillage lithique et osseux, pierres gravées.
Durant cette période, appelée le quaternaire, le refroidissement fut général. Le front glaciaire est parfois descendu à quelques centaines de kilomètres de notre région. Le paysage était alors beaucoup moins hospitalier que celui que nous connaissons actuellement et ressemblait à une steppe herbacée glaciale, parcourue par les vents.
Un large fleuve, la Satis, coulait dans la vallée, là où, de nos jours, paressent les étangs de la Sensée.

Le Néolithique:
	
 Le néolithique correspond à l’époque où, le réchauffement du climat aidant, les hommes ont cessé d’être simplement des chasseurs et des cueilleurs pour devenir des agriculteurs : cela se passait il y a environ 8 000 ans.

De cette période datent les monuments mégalithiques qui existent le long de la Sensée. Certains se trouvent en fond de vallée (menhirs d’Oisy le Verger et d’Aubigny au Bac), ou en haut de vallée (menhir de Lécluse, dolmen de Hamel,  et les Bonnettes, cromlech à Sailly en Ostrevent). Bornes, lieux de cultes ou pierres marquant une sépulture, leur raison d’être exacte demeure inconnue.
La “Pierre qui pousse”, le menhir situé en bordure du chemin qui va d’Ecourt Saint Quentin à Oisy le Verger doit son nom au fait que, s’enfonçant dans le sol humide, il donne l’impression de grandir. A l’époque médiévale, des légendes associant bien souvent le diable ont voulu en faire des objets maléfiques. La “Pierre qui pousse” aurait été lâchée par le diable surpris par le jour alors qu’il aidait à la construction de l’abbaye du Verger…

L’époque gauloise et gallo-romaine:
	
 La découverte de fragments de tuiles romaines par endroits prouve que des bâtiments existaient dans des champs actuellement exploités : le territoire de notre commune était mis en valeur différemment. L’habitat était plus diffus.

Il nous reste à découvrir l’emplacement de la fameuse « ferme près de l’eau » qui semble avoir donné le nom à notre village, autrefois orthographié Aycourt —  ay du latin aqua qui signifie eau et court du vieux français curtil, lui-même issu du latin cohors, cohortis qui signifie enclos, cour de ferme.      

Une voie, encore qualifiée de nos jours de « romaine » vient clore ce paragraphe, mais qu’en est-il vraiment ?
En 1753, une construction rectiligne est découverte dans le Grand marais sous 1,80 mètre de tourbe. 
Pour le Comte de Caylus, auteur d’une étude sur le sujet, il s’agissait bel et bien d’une “chaussée sur pilotis” d’une largeur moyenne de 21 pieds, soit un peu plus de six mètres ; celle-ci datant de l’époque gallo-romaine comme l’attestent les monnaies de bronze des règnes de Nerva, Trajan et Antonin (soit le IIème siècle après J.-C.) recueillies sur le site.
Plus d’un siècle après, en 1880, Henri Debray (1820-1893), conducteur de travaux publics, effectua des sondages, sur une longueur de six cents mètres, qui lui permirent d’en faire un tracé plus précis. Enfin, au cours de l’été de 1974, des plongeurs balisèrent cette “voie”. Aujourd’hui, on peut s’interroger sur le terme même de chaussée romaine, puisque son tracé ne s’intègre dans aucun des réseaux antiques des voies secondaires connues. Aussi, beaucoup d’archéologues contemporains préfèrent désormais parler, non plus de voie romaine, mais d’une digue bordant le marais et remontant au Haut Moyen-Âge, soit entre le Vème siècle et l’an 1000.

L’époque mérovingienne:
	
 Notre région constitue l’embryon du royaume des Francs, le royaume de Tournai dont hérite Clovis Ier à son avènement en 481. A sa mort en 511, le royaume des Francs est divisé entre ses quatre fils, notre région échoit à Clotaire, et constituera une partie de ce qui deviendra la Neustrie. A la mort de Clotaire, en 561, notre région revient à Chilpéric Ier.

C’est à ce moment de l’Histoire que survient la rivalité entre Frédégonde (épouse de Chilpéric) et Brunehaut (épouse de Sigebert roi d’Austrasie) sur fond de rivalité entre la Neustrie gallo-romaine et l’Austrasie germanique. 
A cette occasion, notre région se trouva au cœur de la grande Histoire, en effet c’est dans sa villa de Vitry-en-Artois que Sigebert Ier est assassiné en 575 sur ordre de Chilpéric et de Frédégonde.

La présence mérovingienne est attestée sur le terroir d’Ecourt Saint Quentin par la découverte en juin 1974 d’une nécropole lors des travaux de terrassement destinés à la construction d’un silo, route de Saudemont, à la sortie du village, après le château d’eau. Le cimetière présente les traces de deux phases successives d’occupation. Vingt-trois sépultures, réparties sur deux niveaux, ont été mises à jour, parmi celles-ci deux sarcophages ont été dégagés. Du premier ne subsiste qu’un fragment de la cuve, le second, en revanche est complet et contenait deux dépouilles superposées.
Ce dernier, restauré en 2006, est exposé dans l’église.

La datation des objets trouvés, vases et armes, permet de situer ce cimetière à la fin du VIème ou au VIIème siècle. Les cimetières mérovingiens qui ont fait l’objet de fouilles archéologiques sont assez rares, et les sarcophages ne sont pas très courants. En effet, seuls les hauts dignitaires et les notables bénéficiaient de ce genre de sépulture. 
En raison de la présence de ce cimetière, nous pouvons déduire que la présence franque sur le terroir de notre village devait être importante. Le site constitue, d’autre part, un lieu idéal pour une implantation : une vallée en pente douce orientée plein sud, avec une petite rivière, l’Hirondelle, en contrebas pour l’approvisionnement en eau.

De l’époque médiévale au XIXème siècle:
	
 C’est à l’abbé Augustin Désiré Lefelle, curé d’Ecourt de 1855 à 1870, que nous devons la plupart de nos connaissances sur l’histoire d’Ecourt. 
En effet, en 1861, Monseigneur Pierre Louis Parisis, évêque d’Arras, a demandé à tous les curés de son diocèse de répondre à treize questions sur le passé de leur paroisse, tant au point de vue civil que religieux. 
Cette initiative était judicieuse après les bouleversements dus à la période révolutionnaire. Elle le deviendra d’autant plus qu’en 1915 une partie des archives relatives à Ecourt, entreposées à Arras a brûlé pendant la bataille. C’est ce texte, copié et recopié maintes et maintes fois, circulant de mains en mains, et dont l’original se trouve aux archives diocésaines, qui nous servira de trame.
Comme nous venons de le voir, la présence humaine sur le territoire de la commune est très ancienne. Néanmoins la première apparition écrite dans un texte ne date que de 1081, sous la forme Ahilcurt qui signifie la « ferme près de l’eau ».
 
Le patronage de Saint Quentin, quant à lui, apparaîtra plus tard, au XVIème siècle. Au VIIème siècle, Ecourt faisait partie du domaine appartenant à  Adalbaud, comte de Douai et à Sainte Rictrude, son épouse, aristocrate d’Aquitaine. 
A la mort de son mari, en 646, elle légua la moitié de son domaine et de ses droits seigneuriaux à l’abbaye de Marchiennes qu’Adalbaud venait de fonder. Saint Maurond, leur fils, lèguera, quant à lui, vers 670, l’autre moitié à l’abbaye de Breuil qu’il venait de fonder et dont le premier supérieur était Saint Amé. 
Les moines de Breuil, fuyant l’invasion des Normands vers 870, se réfugièrent à Douai et y fondèrent la collégiale de Saint Amé qui héritera des privilèges de l’abbaye de Breuil.
            
Ecourt dépendra donc à la fois de l’abbaye de Marchiennes et du chapitre de Saint Amé. Mais seul le chapitre de Saint Amé avait les droits honorifiques de clocher, et lui seul percevait les dîmes appartenant à l’Eglise, par l’intermédiaire du bailli. 
C’est le chapitre de Saint Amé qui fera reconstruire au XVIIème siècle le chœur de l’église et le clocher.
            
Les relations entre les kiefmazuriers d’Ecourt et les chanoines se concrétisaient deux fois l’an lors du « past ». 
Les kiefmazuriers (1), au nombre de 25, avaient la tenure des terres qui appartenaient au chapitre de Saint Amé, leur titre de vassalité était héréditaire, moyennant une taxe. Le «past» (2) était une grande cérémonie, dont le point d’orgue était un banquet, auquel chacun était tenu de participer. Chaque tenancier s’occupait plus particulièrement du chanoine dont il dépendait, en lui tenant les étriers, en l’hébergeant, en le servant à table… Les dîmes dues au chapitre de Saint Amé vont
s’alourdir au fil des ans, à tel point qu’elles constitueront l’objet de neuf des trente et une doléances figurant dans le cahier de doléances de 1789.

Le bourg d’Ecourt avait dès le XIIIème siècle un échevinage composé d’un mayeur et de sept échevins. Les coutumes furent rédigées d’une manière définitive en 1507, elles sont signées du curé, du bailli, du mayeur, des sept échevins et de huit des principaux habitants d’Ecourt. Ce sont elles qui gèreront tous les aspects de la vie quotidienne jusqu’à la Révolution.

Ecourt dépendait du seigneur d’Oisy, qui a été longtemps vassal de l’évêque de Cambrai, puis a fait partie de l’Artois qui n’est définitivement devenu français qu’en 1640, conquis par Louis XIII. 
            
Pendant la Révolution, par la loi de brumaire an II (1793), Ecourt deviendra Ecourt-le-Long afin de gommer toute référence religieuse.
Le village, jusqu’au XVIIIème siècle avait une configuration toute différente de celle que nous lui connaissons maintenant ; Ecourt n’avait alors pas cet aspect de village rue que lui donne la rue Henri Barbusse puis la rue de Porkien. Ecourt se regroupait autour de son église qui se dressait sur l’emplacement actuel de l’espace vert, aussi appelé ancien cimetière, et s’étendait seulement jusqu’au calvaire, maintenant au centre du village. Plusieurs hameaux complétaient le panorama : le Porkien, séparé du village par un terrain vague, le Faubourg, séparé du village par la Marnière, le Faubourg d’en Haut groupé autour de la chapelle de Notre Dame des Affligés au croisement des actuelles rues du Préhaut et Jean Jaurès. 

Le plan cadastral de 1836 nous renseigne sur la présence de quatre moulins sur le territoire d’Ecourt. Voici leur localisation selon nos points de repère actuels : route de Lécluse, juste après le cimetière allemand; rue du Préhaut, près de l’actuel centre équestre; entre la rue du Courtigeot et la rue Jean Jaurès, là où sont les Provisoires; et derrière le Hurlevent, ce dernier moulin était partagé avec Saudemont. Rappelons également que le château d’eau est construit au lieu-dit le moulin brûlé.
	

Le XXème siècle: 
	
 	Au début du XXème siècle, Ecourt comptait 1859 habitants, soit un peu plus que maintenant, mais sur une surface nettement moins étendue, pour mémoire, la nouvelle  cité n’existait pas, la rue de Palluel se limitait à trois maisons et la rue du Faubourg était plus courte.
Les activités locales procuraient du travail à presque toute la population, même si un grand nombre d’ouvriers agricoles était obligé de partir en Picardie pour faire les campagnes de betteraves pour compléter leurs revenus. 
Les champs se couvraient de cultures de blé, de betteraves qui étaient ensuite transformées en sucre dans la fabrique de M. Godefroy, de lin qui était roui dans les marais,  puis teillé, filé et enfin tissé. L’extraction de la tourbe et les activités liées aux marais occupaient de nombreuses personnes également. Des commerçants (les grandes surfaces n’existaient pas) et des artisans (on ne jetait rien, on réparait tout) complètent ce tableau. Sans oublier une cinquantaine de débits de boisson.

Ecourt ne fut pas épargné par les deux conflits mondiaux. Pendant quatre ans, d’octobre 1914 à septembre 1918, il fut occupé par les troupes allemandes, auxquelles il servit de lieu de repos, le front se situant à une vingtaine de kilomètres. La mairie fut transformée en hôpital militaire, l’église, quant à elle, servit de dortoir aux blessés. La population, après avoir été pillée et asservie, fut exilée en Belgique à partir de 1916. Le 12 mars 1918 les Anglais bombardèrent le village avec des pièces de gros calibre et l’endommagèrent sérieusement. Ecourt mettra une dizaine d’années  pour se relever et retrouver une vie normale. Par ailleurs, 67 jeunes Ecourtois sont tombés pour la France dans les tranchées, leur absence se fera longtemps sentir.

De la fin mai 1940 au 1er septembre 1944, Ecourt connu quatre nouvelles longues années d’occupation ponctuées par les restrictions et les difficultés de ravitaillement. Ces tristes années sont marquées par des crashs d’avions qui hantent encore les mémoires. La Libération se fit dans la douleur. Le matin du 1er septembre 1944, un convoi de camions allemands, battant en retraite, stationne dans la Grand Rue ; il fut pris à partie par l’aviation alliée qui l’attaqua avec des balles incendiaires. Les camions prirent feu communiquant celui-ci à plusieurs maisons. Les Allemands ayant riposté, les avions lâchèrent des bombes qui détruisirent de fond en comble d’autres habitations, une victime est à déplorer. Les soldats allemands s’étant enfuis  dans les marais, les FFI d’Ecourt se lancèrent à leur poursuite ; mais face à l’expérience des SS, l’enthousiasme des jeunes FFI ne pesa pas lourd.  Ce combat coûta la vie à Gilbert et Octave Garbez, tous deux âgés de 19 ans.
            
La vie reprit vaille que vaille son cours, le village connut à son tour dans les années 50 et 60 les avancées du progrès, le château d’eau mis en service en 1968 fit disparaître les pompes à bras. Les petits commerces fermèrent les uns après les autres ; les cafés aussi. La vie économique se concentra de moins en moins sur le village : les activités agricoles ayant besoin de moins de main d’œuvre grâce à la mécanisation, les ouvriers partaient chaque matin travailler pour bon nombre d’entre eux dans les usines de Corbehem, ou de Douai et même pour certains dans les mines. La vie religieuse se fit moins intense, malgré le charisme de l’abbé Defonte.
            
Le village ne fut pas à l’abri des vicissitudes de la vie de la nation. Deux jeunes du village, Philippe Varlet et Jacques Boyon, partis combattre en Algérie sont morts là-bas. 

Le 24 juin 1967, Ecourt connut une nouvelle catastrophe, une tornade (F5) dévasta une partie du village, la rue du Faubourg et le haut de la rue du Préhaut furent particulièrement touchés, deux victimes furent à déplorer.
            
Grâce à la présence des marais de la Sensée, le village se fit lieu touristique ; deux campings furent créés, ils accueillent des estivants venant des zones urbaines proches. Ceux-ci sont attirés par la pêche, les promenades dans la nature et le calme.
            
La physionomie actuelle du village date des années 80, les dernières modifications d’importance furent le déplacement de la mairie en 1984, la construction de la nouvelle salle des fêtes et la démolition des bâtiments cachant le château, ainsi que l’installation d’une supérette à la place de l’ancienne brasserie Leclercq. 	

Ecourt St Quentin , au vu de sa situation géographique particulière, propose des activités liées à l'eau par ses marais ( près de 120 ha) , la pêche, la promenade en barque, la découverte de la nature et des activités liées à la campagne, l'équitation, la randonnée pédestre ( 10 circuits pour un total de 120 Kms dans la Vallée de la Sensée). 
 
Deux campings, des gîtes et chambres d'hôtes dans le village et les villages proches permettent le repos des visiteurs. 
Des activités sportives sont organisées par différentes associations locales, telle que l’association Les Vanneaux permet de nombreuses activités en salle, ludiques, sportives et créatives.

Différents commerces et artisanats existent dans le village: grand magasin de bricolage, verrier, restaurants, coiffeurs, boulanger, boucher, charcutier, supermarché, cafés, maçons, ferronnier d’art,  ... Il y a une pharmacie, un chirurgien-dentiste, quatre infirmières, quatre kinésithérapeutes, une orthophoniste, une pédicure, un vétérinaire,...     Tout ceci prouve la vitalité de ce bourg.




Le kiefmazurier: Chef de maison
(2)   Le Past échevinal a son origine dans les usages de la Ghilde germanique

gabriel.tetar@orange.fr

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